... de la maison où je n'ai pas grandi.
Quand les images ne suffisent plus, il y a les mots.
Il y a cette odeur particulière, celle de l'herbe coupée, de la terre, et celle des mûres que nous allions cueillir parfois au bord du chemin.
Autrefois il y avait des moutons de l'autre côté de la barrière au fond du jardin.
Ils n'y sont plus désormais.
Il y avait ces fraises que la grand-mère faisait pousser dans la jardin. Il était interdit de les manger, mais évidemment dès qu'elle avait le dos tourné j'en cueillais rapidement quelques unes pour les mettre dans ma poche. C'était pour moi les meilleures fraises du monde. Peut-être était-ce le cas, parce qu'elles avaient un arrière-goût d’irrévérence, de délit mineur, de bêtise d'enfant.
Je parlais de l'odeur des mûres, mais il y avait leur goût bien sûr, souvent très acides. Quand nous rentrions de promenade, il y avait presque toujours un gâteau ou une tarte que la grand-mère avait préparé.
Mon préféré était le gâteau à l'orange, si bien que je l’engouffrais quand elle faisait celui-ci, et s'était ainsi résignée à ne préparer seulement ce gâteau-là lorsque je venais. Au bout d'un temps je m'en suis lassé, et je trouvais chacun plus mauvais que le précédent.

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