merci à Emmy A., sans qui ce livre n'existerait pas
17 ans, 19 ans : deux âges pour un roman au cœur de l’adolescence et de son intimité.
Un narrateur ancré à Marseille raconte ce quotidien ponctué de l’intensité qui le caractérise : se découvrir et vivre un être, un désir et une sexualité hors des normes hétéropatriarcales, faire face à l’homophobie et au mensonge, s’habituer au secret – le sien ou celui de l’autre. Quitter l’école car elle n’a plus rien à offrir et s’installer devant la mer, essuyer l’insulte, tenter de contrer la honte par l’émancipation, cacher la maladie ou le trouble psychique, affronter la précarité et la douleur familiale.
Par une écriture de l’intime dans laquelle résonne pourtant puissamment un élan collectif, ce roman fait entendre tous les mécanismes de l’homophobie, intériorisée ou non. Et face à ceux qui voudraient imposer un déterminisme, s’élèvent le refus de s’effacer, le refus d’excuser et le refus de disparaître. Dans ce texte se construit une voix puissante et autonome qui dit combien est forte la volonté d’exister.
« Et il continue de me pleurer dessus alors même qu’il n’est plus là. Je le sens sur mon épaule le poids de la tête le poids des larmes à déverser les larmes qui pleuvent. Quelquefois la sensation me revient et il n’a toujours pas cessé de pleuvoir à ce jour. »